9 mars – Kuskoskwim River to Mc Grath – 20 km

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10 heures. -34°C. J’arrive aux 1ères maisons de McGrath, village de 300 habitants. Il paraît complètement endormi, en hibernation dans sa carapace de neige et de glace.

5h levé, 4h de sommeil, il fait toujours extrêmement froid. J’ai les pieds gelés, malgré les chaussures au fond du duvet. Très dur, douloureux de les remettre. Je fais vite pour replier le camp, le risque de gelures est grand. Les conséquences pourraient être graves. Depuis le départ, j’ai bien géré mains et pieds, pour éviter tout risque, prenant le temps qu’il fallait pour les réchauffer. Ça serait idiot de perdre un voire plusieurs orteils ou doigts dans les derniers 20 km.

Sitôt sur les skis, j’écarte les doigts des pieds, je fléchis la cheville à chaque pas pour faire circuler le sang. Idem pour les mains, je bouge en permanence les doigts. Je profite des 20 derniers kilomètres sur les bords de la rivière. Aucune tension maintenant, si ce n’est toujours ce froid mordant, polaire.

Je suis le 1er concurrent à prendre la piste sur la rivière, piste ouverte seulement hier par les traceurs Iditarod. Tous les autres ont pris la piste « Overland », un peu plus courte en distance mais comprenant quelques montées. Je regarde quand même souvent mon GPS…

10 heures. -34°C. J’arrive aux 1ères maisons de McGrath, village de 300 habitants. Il paraît complètement endormi, en hibernation dans sa carapace de neige et de glace. J’ai du mal à repérer la maison de Peter et Tracy (CP6 arrivée).

Nouveau flash back 22 ans en arrière.
J’arrive à McGrath en fin d’après-midi. Après une douche, je montre ma jambe enflée à Peter. Il m’emmène aussitôt en skidoo chez l’infirmier du village. Celui-ci se connecte avec les urgences de l’hôpital d’Anchorage et me met rapidement une première perfusion d’antibiotique puis une deuxième dans la nuit. J’ai une forte fièvre. Le lendemain, Peter trouve un petit avion qui me ramène à Anchorage .
Apres 3 jours d’hospitalisation, je rentre en France aidé de béquilles dans un siège en 1ere classe pour pouvoir rester la jambe en l’air…

Retour au présent
C’est avec une émotion particulière que je retrouve Peter et Tracy sur mes 2 jambes. Cet accident avait gâché la fin de ma course de 1998, lui donnant un air « inachevé ». J’ai gardé au fond de moi cette envie de revenir pendant 20 ans. C’est chose faite aujourd’hui.  Peter et Tracy me paraissent en grande forme, c’est un grand bonheur de les revoir.

Je termine cette belle course en un peu moins de 8 jours.

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